Anonyme

Je joue depuis toute petite, j’ai d’abord commencé avec mon père et mes frères et sœurs, puis avec des amiEs. Même lorsque j’augmentais mon cercle de joueurs(ses), j’étais rarement la seule fille. Un ami d’une amie m’a proposé une place à sa table, et j’ai bien évidemment accepté, étant à la recherche d’une campagne. Je crée un personnage, une jeune fille de 21 ans, coincée dans un corps d’enfant, remplie d’espoir et de soif de voyages, ayant un lien très fort avec les dieux. Le MJ semble ravi de ce personnage et des relations entre les personnages du groupe que ça produirait. Au début, tout semble aller bien, mon personnage est certes traitée comme une enfant, mais au vu de son apparence, c’était à attendre et après avoir fait un peu ses preuves, son avis est pris en compte.
Mais alors que nous étions en train de visiter une ville remplie de morts vivants, le MJ force mon personnage et un autre (adulte) à avoir des relations sexuelles. Rien ne justifiait ça. Il y avait certes un charme dans les lieux, mais qui ne pouvait pas aller à l’encontre de la morale d’un personnage. Mon personnage n’avait jamais envisagé de coucher avec cet autre personnage. Et cet autre personnage non plus, n’étant pas un pédophile. Mais mon MJ l’a fait juste pour son bon plaisir, insistant sur le fait que mon personnage était consentant et qu’au vu de l’univers ça aurait dû arriver avant. Il était à fond dedans et ajoutait des détails très graphiques alors que le reste de la tablée était muette. La séance d’après, pour rire, il demande à voix haute si mon personnage ne tombait pas enceinte.
J’en ai discuté par la suite avec d’autre joueurs de la table qui l’avaient vécu comme l’assouvissement d’un fétichisme de mon MJ. J’ai appris par la suite qu’il avait harcelé sexuellement d’autres joueuses.
J’ai aussi eu le cas de joueurs disant ne pas être sexistes parce qu’ils jouaient des personnages féminins. Il s’agissait d’allumeuses à talons hauts. Systématiquement.

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Anonyme

Je m’appelle L., j’ai 30 ans, et je découvre tout juste le jeu de rôle. J’ai plutôt l’habitude de jouer aux jeux de plateau, mais l’idée de découvrir les jeux de rôle me trottait dans la tête depuis longtemps. Malheureusement, mon partenaire et moi-même habitions dans une zone rurale, où il était compliqué de rencontrer d’autres joueurs. Nous avons déménagé dans une ville où existe une association de joueurs de jeux de plateau/jeux de rôle. Toute contente, je me lance ! Première partie de ma vie : un MJ et cinq hommes, je suis donc la seule femme. Je déchante très vite : toutes les femmes du jeu sont présentées par le MJ soit comme des « connasses », des « simplettes », des « bonnasses », des « chaudasses », ou un peu tout ça à la fois… Dès qu’une femme PNJ entre en jeu, les autres joueurs s’en « servent » pour donner des faveurs sexuelles, se demandent s’ils vont la violer ou pas, s’ils vont « la baiser » ou pas etc… En tout, au moins cinq fois des appels au viol de personnages féminins durant le jeu (très souvent du fait d’un joueur particulier, qui semble avoir un gros penchant pour ce genre de fantasme…) et je n’ai pas compté le nombre de : « Une femme ? Ah bah moi je la baise ! », « Une femme ? Je la viole à votre avis ou pas ? », et les injures à caractère homophobe du style « Je suis pas une tafiole moi ! » qui ont ponctué le jeu, le tout sous les rires francs et gras des copains présents… J’ai fini le jeu en me sentant très mal, avec un sentiment d’injustice et de colère, d’avoir été purement et simplement niée dans mon humanité. J’en ai fait part au MJ et aux autres joueurs, qui sont restés assez muets sur la question. Le type qui était particulièrement virulent niveau « blagues»  sur le viol s’est défendu en me disant : « Si tu aimes pas le malsain, faut pas jouer avec moi ! »… Pas sûre que je retente de sitôt le jeu de rôle malheureusement…

Lucrecia (4/4)

[TW : mentions de viol, agression sexuelle, violence psychologique, homophobie, transphobie, queerphobie, polyphobie, harcèlement, attouchement, racisme]

Alors qu’on venait juste de quitter l’association, nous avons rencontré un jeune couple qui lui aussi, pour d’autres raisons, s’était distancé de ses membres. Au départ, tout était parfait. L’homme était ouvert aux thématiques LGBTQ+, au polyamour, au féminisme et au militantisme en général, là où sa copine était plus nuancée, mais tout aussi cool.

Sauf que… Au final, non. Tout à dérapé un soir après une longue et éprouvante partie de JdR où, alors qu’elle dormait dans le lit d’à côté et que j’étais collé contre mon conjoint et son-a petit-e copain-ine de l’époque, il m’a embrassé puis sucé les seins. J’ai eu une réaction de total déphasage, heureusement qu’il s’est arrêté sinon je n’aurais jamais pu le repousser. J’avais confiance en lui et il l’avait complètement brisée. On n’a jamais parlé de ce qui c’était passé ce soir là, mais je n’ai pas oublié et j’en tremble parfois. J’ai mis énormément de temps à m’en sortir après ce geste, et nos rapports n’ont plus jamais été les mêmes, j’ai préféré me réfugier dans les bras de sa conjointe.

Je me suis jeté dans la gueule du loup. C’était une femme bourrue et directe, aux personnages au RP violents et peu loquaces. Bref, c’était plutôt raccord avec son tempérament. Elle avait des prises de position très violentes, comme insulter des personnes trans ou se montrer sexiste envers toutes les personnes trop « féminines » à son goût. Au final, elle est partie d’elle-même après une énième dispute où elle m’a rabaissé et écrasé pour des prunes…

J’ai écrit tout ceci pour exorciser ce que toutes ces charmantes personnes m’ont fait subir et pour apporter un témoignage. Oui, la communauté de GN, de jeux de rôle et tout simplement geek en général a un problème. Non, je ne me tairai pas et je n’ai pas peur de clamer haut et fort comment ces personnes m’ont traité et toutes leurs violences envers les femmes et les communautés LGBTQ+. Ce n’est pas à moi d’avoir honte, mais bel et bien à elles. Et je ne compte pas m’arrêter à un témoignage, ce genre d’immondices devrait tout simplement cesser définitivement.

À tous ceux-elles qui m’ont lu jusqu’au bout, je vous souhaite un bon rétablissement. Ce fut un récit long et éprouvant et j’espère qu’il ne vous a pas trop secoué… En attendant, ne vous inquiétez pas, je vais bien et je reste forte et digne malgré ce qui m’est arrivé.

Je suis toujours debout.

Lucrecia (3/4)

[TW : mentions de viol, agression sexuelle, violence psychologique, homophobie, transphobie, queerphobie, polyphobie, harcèlement, attouchement, racisme]

Et puis j’ai rencontré celui qu’on va appeler le Pervers. Parce que c’est ce qu’il est et que même après l’avoir bloqué de partout après presqu’un an, il a continué à chercher à entrer en contact avec moi à tout prix jusqu’à récemment.

Remettons les choses dans le contexte. Ce mec n’était pas venu à l’association depuis des mois. Quand il revient, monsieur râle. Lui, homme blanc hétéro cis, ne se sent plus à sa place, les queer ont envahi l’espace. Il ne voulait tout simplement pas entendre parler de féminisme et de cause LGBTQ+. Il détestait tellement les militants qu’il a avoué à mon crush agresseur sexuel qu’il voulait « purger » (tel un croisé des temps modernes) l’association de ces foutus social justice warriors et « transpédés »… Charmant. Le tout, en manipulant ce qu’il appelait « les esprits faibles », en racontant à tout va qu’on prenait trop de place et que les hommes blancs cis hétéro comme lui se faisaient écraser, marginaliser par les personnes comme nous… Wahou. Et c’est moi la perverse manipulatrice narcissique ? Le pire, c’est que ça a marché ! Un mois après son arrivée, toutes les personnes LGBTQ+ étaient parties. Ses violentes prises de parole contre le militantisme et en faveur de l’exclusion totale des « transpédés » a très bien marché. Tout le monde lui a mangé dans la main, et j’ai même vu une personne rejeter sa bisexualité à cause de lui et de sa haine.

Le problème, c’est que même si monsieur détestait les féministes et cie., ça ne l’empêchait pas d’avoir des envies. Et hélas, ces envies se sont tournées vers moi. Et alors là, c’est devenu l’enfer. Lors de l’anniversaire d’une amie en commun, il a voulu me forcer à avoir un contact physique avec lui, une bise. Il l’avait déjà fait de force à mon conjoint totalement éberlué mais moi, je ne me suis pas laissé faire, je l’ai attrapé par les épaules et j’ai dit  « non, je n’ai pas envie ». Son sourire était d’un vicieux… Le même soir, il a dit plusieurs fois « en rigolant » qu’il avait écrit des fictions érotiques me mettant en scène, sachant qu’on était en froid parce que plusieurs fois il était venu sur des statuts Facebook cracher sur des personnages trans ou homosexuels. D’où tu rigoles de ça avec des gens qui t’aiment pas ouvertement ? D’où tu rigoles de ça tout court, en fait…

Quand j’ai quitté l’association, j’ai reçu des messages très violents d’inconnus me disant que je faisais du mal autour de moi et que j’étais un « monstre »… Je n’ai su que plus tard que c’était par son initiative que ces personnes étaient venues me voir, dont une pour me parler (même si je soupçonne le fake compte à 3 000 lieues à la ronde) de… ses exploits sexuels. Oui, il a pris son pied en m’envoyant plein de détails explicites de trucs qu’il avait soi-disant fait tout en prenant l’identité d’une jeune femme fraîchement débarquée sur Lyon. Prends moi pour un con, va. J’ai dû bloquer un nombre incalculable de comptes avant de comprendre qu’il crachait son venin sur moi à qui voulait bien l’entendre, quitte à ronger des amitiés « solides ». J’étais un objectif qu’il s’était fixé et il n’a pas réussi à m’avoir, donc il a tout fait pour me pourrir la vie. Le pire, c’est que mes refus semblaient me rendre plus désirable encore à ses yeux… Creepy/20.

Pour tout récapituler : c’est un homme homophobe (utilisation répétée de termes comme « enculé », « la mettre bien profond dans le cul », « pédé », grimace quand deux personnes de genre masculin s’embrassent, fétichisation des relations sexuelles entre lesbiennes), transphobe (utilisation du terme « transpédé », mégenrage constant des personnes trans et fétichisation de ce qu’il appelle les « shemales »), sexiste (rabaissant souvent les femmes que ce soit « pour rire » ou en général), à fond dans la culture du viol (blague sur le sujet régulière, infestation de l’espace vital malgré un refus manifeste de la personne en face), polyphobe et adepte du slut shaming (crache régulièrement sur les personnes polya et m’a dit avec son fake compte et devant des personnes de l’association que j’avais deux amours pour je cite « le cul et l’argent », alala les femmes, ces créatures vénales !) et pour conclure raciste (fait de « l’humour » pour se moquer des immigrés-es et des personnes racisé-es).

Lucrecia (2/4)

[TW : mentions de viol, agression sexuelle, violence psychologique, homophobie, transphobie, queerphobie, polyphobie, harcèlement, attouchement, racisme]

Comme expliqué précédemment, j’ai abandonné ma transition et donc au placard mon binder, mes vêtements amples, etc… J’ai donc recommencé à porter décolleté, jupe, robe… Et ça n’est pas passé inaperçu. Une des membres de l’association a commencé à me balancer dans la figure que « les robes, c’était laid, que ça servait à rien et qu’elle n’aimait pas cela » tout en me traitant avec un mépris et un dégoût manifeste. Elle s’est mise à me prendre à part lors des entraînements et de me faire sentir comme… une merde. Il n’y a pas d’autre mot. Elle me sermonnait sans arrêt, tiquait quand je parlais… Bref, l’ambiance était super agréable ! Elle crachait sur tout ce qui était « féminin » sans arrêt et j’avais l’impression qu’elle me voyait comme une sorte d’abomination manifeste. Quand j’étais homme trans, elle osait à peine s’approcher de moi, mais en tant que « femme », c’était tout le contraire. Tout pour me mettre mal à l’aise ou me rabaisser. Joie.

Un autre membre de l’association est allé trop loin avec moi. Déjà, gros carton rouge, en couple monogame exclusif avec une jeune femme timide et peu sûre d’elle, monsieur mettait en avant son « besoin de séduire ». Il disait à droite à gauche que son côté lourd, dragueur, beauf était dans son tempérament et que c’était comme ça, c’était sa façon d’interagir avec les gens. Ouais, avec les femmes surtout. Parce qu’avec les hommes, c’était normal et courtois comme interactions… Avec les membres du genre qui l’intéressait, beaucoup moins.

J’ai fait la connerie monumentale de parler cul avec lui, une fois, et là, c’était le début de la fin. Il a compris que j’étais ouverte et ce fût le florilège des blagues vaseuses, des images de cul envoyées à n’importe quelle heure, des propositions pourries « pour rire »… Le pire, c’est que tout le monde savait que c’était un gars beaucoup trop insistant avec les femmes et insupportable parce que son sujet de discussion principal, c’était le cul. Tout le temps. Sur le chat de l’association, il avait ouvert un fil spécial pour poster des photos à caractère sexuel explicite dessus. C’était sa raison de vivre, le cul. Cela n’aurait pas été problématique si monsieur ne se ramenait pas en pleine discussion entre plusieurs femmes pour parler de… la taille de nos seins. Classique. Rajoutez à cela le fait qu’il « oubliait » de faire payer les frais d’adhésion à ses potes, mais pas aux personnes queer… Et aussi la fois où il a voulu toucher mon cul pour « l’épousseter » alors que quelqu’un le faisait déjà… Bref, un gars génial !

Sinon, un de ses plus proches amis, aussi membre de l’association, m’a traité de perverse manipulatrice avec quelques autres après m’avoir embrassé de force lorsque que je lui ai avoué vouloir plus qu’un simple flirt avec lui. Ça m’a totalement refroidi, surtout qu’après il est allé dire à tout le monde… qu’on était en couple, alors que je n’avais jamais répondu positivement à sa demande d’aller plus loin après le baiser forcé. Du coup je me suis payé une réputation de « salope » et de « manipulatrice vicieuse » qui séduit les hommes pour mieux les rouler… Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer ? Ah et ces deux personnes étaient très proches d’un autre type de l’association  qui se disait ouvertement homophobe : « C’est contre nature », « Quand je fais des câlins avec mes copains gnistes, c’est fraternel, pas comme ces pédés ».

Lucrecia (1/4)

J’ai vécu une très mauvaise expérience avec une association de GN, et j’aimerais partager ce témoignage sur votre site afin de briser la loi du silence.

[TW : mentions de viol, agression sexuelle, violence psychologique, homophobie, transphobie, queerphobie, polyphobie, harcèlement, attouchement, racisme]

Enfant, j’ai eu la chance d’avoir un papa m’ayant initié au jeu de rôle avec ma petite sœur, m’autorisant à jouer autant des femmes que des hommes, autant des forts que des faibles, autant des grands que des petits, autant des guerriers que des guérisseurs… Et ce, sans aucune remarque sexiste en mode « tu es une femme alors joue un soutien fragile et tais-toi » ou encore « non mais le rôle d’une femme, c’est d’être une séductrice dévergondée ». Non, il me laissait juste exprimer ma créativité et ma passion pour le théâtre et l’imprévision, et pour ça, il est le meilleur papa du monde.

Plus tard, je déménage de Paris, au revoir papa, les amis cools et la petite vie tranquille, bonjour les études et l’inconnu. J’ai été plus que comblé quand mes amis proches sur Paris se sont montrés ultra ouverts et compréhensifs lorsque je leur ai proposé nos premières parties de JdR. Nos sessions de Warhammer 40k et de D&D se passaient souvent sans aucun problème important, et même si parfois, certains joueurs (souvent des membres n’appartenant pas au noyau dur de mes proches) pouvaient se montrer limite-limite, j’étais heureuse parce que ça se passait bien. Il n’y a que sur les tables tenues par des inconnus que l’ambiance était parfois tendue, voire malsaine. L’homophobie et la culture du viol étaient des choses que j’ai malheureusement subi de plein fouet… Mais ce n’est pas la pire chose que j’ai vécue dans mon expérience de joueuse/GNiste.

Très vite, j’ai cherché à élargir mon cercle de connaissance et je suis rentrée dans une nouvelle association de GN qu’on m’avait décrit comme accueillante, ouverte d’esprit, différente des autres, bref le pied total non ? Je rencontre des gens formidables, comme mon futur conjoint. Puis rapidement, le rideau tombe. À l’époque, je me définis comme homme trans. Je porte un binder, des vêtements amples et pour couronner le tout, je suis militant féministe et LGBTQ+. Je ne suis pas la seule personne trans de l’association, mais très vite je remarque un truc qui me choque énormément. Nous ne sommes pas du tout traités comme les autres. Très vite, des tensions s’installent entre les membres, notamment avec une homme qui m’a approchée de manière plus ou moins malsaine. Il est thérapeute et me voit comme un… un sujet d’expérience ? « Tu es la première personne trans que je rencontre, ce serait intéressant d’en apprendre un peu plus sur toi, de manière purement scientifique ». Heu, OK, bonjour la fétichisation. Rajoutez à cela qu’on était avec le groupe dans un bar en train de boire un coup et qu’il m’a sorti ça alors que j’étais sur le côté avec lui loin des autres, et vous avez le combo du mec creepy. Monsieur avait un minimum de pouvoir et… il en a abusé.

Il a plusieurs fois passé ses nerfs sur moi et sur d’autres membres ouvertement queer de l’asso. Le malaise. Il allait jusqu’à dire que des problèmes datant d’avant notre venue étaient de notre faute. Il a craché sur nos revendications, notre militantisme, s’amusait à nous mégenrer derrière notre dos avec sa copine. Il s’est finalement tiré après quelques mois , mais je me rappellerai toujours de son regard lourd quand il nous engueulait moi et une pote et que c’était la première fois que j’avais mis un décolleté en sa présence. Tout en nous hurlant dessus et nous rabaissant, il ne cessait de regarder les cuisses dénudées de mon amie et ma poitrine. Elle a quitté l’association quelques temps après. J’ai fait la connerie de ne pas la suivre. Bah, je me suis dis que le pire était parti. Grossière erreur.

Marion

Dans une convention, j’ai eu la bonne idée de m’inscrire à un jeu de rôle présenté comme fun où on jouait des monstres genre loup-garou, vampire, etc.

Dès que je me suis assise à la table, j’ai senti que ça allait être terrible parce que le MJ nous servait en fait un med-fan classique fait maison. Il expliquait que c’était un jeu en cours de conception, tout ça, j’étais un peu sceptique mais j’essayais au départ de rester ouverte malgré une immersion pénible due à un manque de description et une interprétation de la plupart des PNJ au discours indirect. 

J’avais pris un personnage « magicien », une femme moitié renard qui possédait apparemment beaucoup de charisme. J’ai tiqué quand le MJ m’a dit avant de commencer :  « Vu que t’es très belle, faudra voir si les PNJ auront pas envie de te violer pendant la partie ». Je lui ai jeté un regard choqué en mode « t’es sérieux là ? », puis j’ai échangé des regards avec les deux autres femmes de la table. Le malaise était pour moi très palpable, genre gros silence et tout. Je me suis dit vu son air un peu gêné qu’il comprenait que c’était de la merde ce qu’il venait de dire.

On commence à jouer et puis tout à coup, on croise des soldats humains dans un village. Il me dit : « Jet de mental ».

Bon, je commence à prendre mes dés pour les lancer en me disant que peut être y allait avoir un truc qui allait se passer. Il m’a dit : « Non, pas pour toi. C’est moi. C’est pour voir s’ils ont envie de te violer ».

Il a jeté ses dés. On s’est regardé totalement consternées avec les autres joueuses. Gros gros silence pesant.

« C’est bon, ça passe. »

Prétextant un achat de crêpes, je me suis absentée de la table pour parler aux orgas qui ont très bien géré la situation puisque par la suite, il y a eu discussion avec le MJ et il a été éloigné de certaines tables en tant que joueur, tables qui abordaient des sujets potentiellement sensibles.

J’ai attendu la fin de la partie et je lui ai dit : « Ton jeu, il est en cours de conception encore, c’est ça ?

– Malheureusement, oui.

– Je pense que tu devrais vraiment revoir le point de règles concernant le fait de vouloir violer les personnages.

– Ha violer, c’est pas le bon mot, j’y ai été un peu fort. »

J’ai respiré profondément pour pas le pourrir car j’avais une forme de pitié pour lui que je ne saurai définir, et j’ai fui le plus vite cet homme. Mais ce qui était cool, c’est que ce jour là, j’ai reçu vraiment un gros soutien de l’organisation. Je me dis que c’est de moins en moins possible en convention de faire de la merde comme ça et je trouve ça vraiment rassurant.