Lucrecia (2/4)

[TW : mentions de viol, agression sexuelle, violence psychologique, homophobie, transphobie, queerphobie, polyphobie, harcèlement, attouchement, racisme]

Comme expliqué précédemment, j’ai abandonné ma transition et donc au placard mon binder, mes vêtements amples, etc… J’ai donc recommencé à porter décolleté, jupe, robe… Et ça n’est pas passé inaperçu. Une des membres de l’association a commencé à me balancer dans la figure que « les robes, c’était laid, que ça servait à rien et qu’elle n’aimait pas cela » tout en me traitant avec un mépris et un dégoût manifeste. Elle s’est mise à me prendre à part lors des entraînements et de me faire sentir comme… une merde. Il n’y a pas d’autre mot. Elle me sermonnait sans arrêt, tiquait quand je parlais… Bref, l’ambiance était super agréable ! Elle crachait sur tout ce qui était « féminin » sans arrêt et j’avais l’impression qu’elle me voyait comme une sorte d’abomination manifeste. Quand j’étais homme trans, elle osait à peine s’approcher de moi, mais en tant que « femme », c’était tout le contraire. Tout pour me mettre mal à l’aise ou me rabaisser. Joie.

Un autre membre de l’association est allé trop loin avec moi. Déjà, gros carton rouge, en couple monogame exclusif avec une jeune femme timide et peu sûre d’elle, monsieur mettait en avant son « besoin de séduire ». Il disait à droite à gauche que son côté lourd, dragueur, beauf était dans son tempérament et que c’était comme ça, c’était sa façon d’interagir avec les gens. Ouais, avec les femmes surtout. Parce qu’avec les hommes, c’était normal et courtois comme interactions… Avec les membres du genre qui l’intéressait, beaucoup moins.

J’ai fait la connerie monumentale de parler cul avec lui, une fois, et là, c’était le début de la fin. Il a compris que j’étais ouverte et ce fût le florilège des blagues vaseuses, des images de cul envoyées à n’importe quelle heure, des propositions pourries « pour rire »… Le pire, c’est que tout le monde savait que c’était un gars beaucoup trop insistant avec les femmes et insupportable parce que son sujet de discussion principal, c’était le cul. Tout le temps. Sur le chat de l’association, il avait ouvert un fil spécial pour poster des photos à caractère sexuel explicite dessus. C’était sa raison de vivre, le cul. Cela n’aurait pas été problématique si monsieur ne se ramenait pas en pleine discussion entre plusieurs femmes pour parler de… la taille de nos seins. Classique. Rajoutez à cela le fait qu’il « oubliait » de faire payer les frais d’adhésion à ses potes, mais pas aux personnes queer… Et aussi la fois où il a voulu toucher mon cul pour « l’épousseter » alors que quelqu’un le faisait déjà… Bref, un gars génial !

Sinon, un de ses plus proches amis, aussi membre de l’association, m’a traité de perverse manipulatrice avec quelques autres après m’avoir embrassé de force lorsque que je lui ai avoué vouloir plus qu’un simple flirt avec lui. Ça m’a totalement refroidi, surtout qu’après il est allé dire à tout le monde… qu’on était en couple, alors que je n’avais jamais répondu positivement à sa demande d’aller plus loin après le baiser forcé. Du coup je me suis payé une réputation de « salope » et de « manipulatrice vicieuse » qui séduit les hommes pour mieux les rouler… Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer ? Ah et ces deux personnes étaient très proches d’un autre type de l’association  qui se disait ouvertement homophobe : « C’est contre nature », « Quand je fais des câlins avec mes copains gnistes, c’est fraternel, pas comme ces pédés ».

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Lucrecia (1/4)

J’ai vécu une très mauvaise expérience avec une association de GN, et j’aimerais partager ce témoignage sur votre site afin de briser la loi du silence.

[TW : mentions de viol, agression sexuelle, violence psychologique, homophobie, transphobie, queerphobie, polyphobie, harcèlement, attouchement, racisme]

Enfant, j’ai eu la chance d’avoir un papa m’ayant initié au jeu de rôle avec ma petite sœur, m’autorisant à jouer autant des femmes que des hommes, autant des forts que des faibles, autant des grands que des petits, autant des guerriers que des guérisseurs… Et ce, sans aucune remarque sexiste en mode « tu es une femme alors joue un soutien fragile et tais-toi » ou encore « non mais le rôle d’une femme, c’est d’être une séductrice dévergondée ». Non, il me laissait juste exprimer ma créativité et ma passion pour le théâtre et l’imprévision, et pour ça, il est le meilleur papa du monde.

Plus tard, je déménage de Paris, au revoir papa, les amis cools et la petite vie tranquille, bonjour les études et l’inconnu. J’ai été plus que comblé quand mes amis proches sur Paris se sont montrés ultra ouverts et compréhensifs lorsque je leur ai proposé nos premières parties de JdR. Nos sessions de Warhammer 40k et de D&D se passaient souvent sans aucun problème important, et même si parfois, certains joueurs (souvent des membres n’appartenant pas au noyau dur de mes proches) pouvaient se montrer limite-limite, j’étais heureuse parce que ça se passait bien. Il n’y a que sur les tables tenues par des inconnus que l’ambiance était parfois tendue, voire malsaine. L’homophobie et la culture du viol étaient des choses que j’ai malheureusement subi de plein fouet… Mais ce n’est pas la pire chose que j’ai vécue dans mon expérience de joueuse/GNiste.

Très vite, j’ai cherché à élargir mon cercle de connaissance et je suis rentrée dans une nouvelle association de GN qu’on m’avait décrit comme accueillante, ouverte d’esprit, différente des autres, bref le pied total non ? Je rencontre des gens formidables, comme mon futur conjoint. Puis rapidement, le rideau tombe. À l’époque, je me définis comme homme trans. Je porte un binder, des vêtements amples et pour couronner le tout, je suis militant féministe et LGBTQ+. Je ne suis pas la seule personne trans de l’association, mais très vite je remarque un truc qui me choque énormément. Nous ne sommes pas du tout traités comme les autres. Très vite, des tensions s’installent entre les membres, notamment avec une homme qui m’a approchée de manière plus ou moins malsaine. Il est thérapeute et me voit comme un… un sujet d’expérience ? « Tu es la première personne trans que je rencontre, ce serait intéressant d’en apprendre un peu plus sur toi, de manière purement scientifique ». Heu, OK, bonjour la fétichisation. Rajoutez à cela qu’on était avec le groupe dans un bar en train de boire un coup et qu’il m’a sorti ça alors que j’étais sur le côté avec lui loin des autres, et vous avez le combo du mec creepy. Monsieur avait un minimum de pouvoir et… il en a abusé.

Il a plusieurs fois passé ses nerfs sur moi et sur d’autres membres ouvertement queer de l’asso. Le malaise. Il allait jusqu’à dire que des problèmes datant d’avant notre venue étaient de notre faute. Il a craché sur nos revendications, notre militantisme, s’amusait à nous mégenrer derrière notre dos avec sa copine. Il s’est finalement tiré après quelques mois , mais je me rappellerai toujours de son regard lourd quand il nous engueulait moi et une pote et que c’était la première fois que j’avais mis un décolleté en sa présence. Tout en nous hurlant dessus et nous rabaissant, il ne cessait de regarder les cuisses dénudées de mon amie et ma poitrine. Elle a quitté l’association quelques temps après. J’ai fait la connerie de ne pas la suivre. Bah, je me suis dis que le pire était parti. Grossière erreur.

Marion

Dans une convention, j’ai eu la bonne idée de m’inscrire à un jeu de rôle présenté comme fun où on jouait des monstres genre loup-garou, vampire, etc.

Dès que je me suis assise à la table, j’ai senti que ça allait être terrible parce que le MJ nous servait en fait un med-fan classique fait maison. Il expliquait que c’était un jeu en cours de conception, tout ça, j’étais un peu sceptique mais j’essayais au départ de rester ouverte malgré une immersion pénible due à un manque de description et une interprétation de la plupart des PNJ au discours indirect. 

J’avais pris un personnage « magicien », une femme moitié renard qui possédait apparemment beaucoup de charisme. J’ai tiqué quand le MJ m’a dit avant de commencer :  « Vu que t’es très belle, faudra voir si les PNJ auront pas envie de te violer pendant la partie ». Je lui ai jeté un regard choqué en mode « t’es sérieux là ? », puis j’ai échangé des regards avec les deux autres femmes de la table. Le malaise était pour moi très palpable, genre gros silence et tout. Je me suis dit vu son air un peu gêné qu’il comprenait que c’était de la merde ce qu’il venait de dire.

On commence à jouer et puis tout à coup, on croise des soldats humains dans un village. Il me dit : « Jet de mental ».

Bon, je commence à prendre mes dés pour les lancer en me disant que peut être y allait avoir un truc qui allait se passer. Il m’a dit : « Non, pas pour toi. C’est moi. C’est pour voir s’ils ont envie de te violer ».

Il a jeté ses dés. On s’est regardé totalement consternées avec les autres joueuses. Gros gros silence pesant.

« C’est bon, ça passe. »

Prétextant un achat de crêpes, je me suis absentée de la table pour parler aux orgas qui ont très bien géré la situation puisque par la suite, il y a eu discussion avec le MJ et il a été éloigné de certaines tables en tant que joueur, tables qui abordaient des sujets potentiellement sensibles.

J’ai attendu la fin de la partie et je lui ai dit : « Ton jeu, il est en cours de conception encore, c’est ça ?

– Malheureusement, oui.

– Je pense que tu devrais vraiment revoir le point de règles concernant le fait de vouloir violer les personnages.

– Ha violer, c’est pas le bon mot, j’y ai été un peu fort. »

J’ai respiré profondément pour pas le pourrir car j’avais une forme de pitié pour lui que je ne saurai définir, et j’ai fui le plus vite cet homme. Mais ce qui était cool, c’est que ce jour là, j’ai reçu vraiment un gros soutien de l’organisation. Je me dis que c’est de moins en moins possible en convention de faire de la merde comme ça et je trouve ça vraiment rassurant.

Carole

Carole :

Bonjour,
Je joue depuis mes 15 ans et là j’approche de la cinquantaine.

J’ai été effarée devant certains témoignages, scotchée ; comment de nos jours cela peut-il encore arriver ?
J’en déduis que j’ai eu de la chance dans  ma longue carrière de rôliste ; j’ai aussi un caractère bien trempé, je ne me laisse pas marcher sur les pieds (ni ailleurs), en jeu de rôle ou  IRL. Un homme (travailleur social qui abordait le sujet du harcèlement) m’a dit une fois que j’avais peu de risques d’être harcelée car je suis trop sûre de moi pour les machos (qui en fait ne s’attaquent qu’aux  femmes qu’ils pensent faibles, on voit là leur courage).
J’ai souvent eu des tables uniquement masculines à part ma petite personne, et lorsqu’il y avait d’autres filles à table (chouette chouette), aucun imbécile n’aurait pu l’ennuyer tellement je l’aurais taclé de suite, pour que la damoiselle se sente en sécurité et reste. De mon temps, les rôlistes étaient tous cultivés et pour la plupart éduqués, à présent, c’est mon MJ à moi qui le dit, le JDR se démocratise ; et on trouve sans doute des hommes dont leur mère a négligé l’éducation, surtout le chapitre respect (et protection des plus faibles : jeunes, moins musclés, plus âgés… Une femme n’est pas un jouet mais une personne qui est ton égale… ) et de consentement.
Mes 4 enfants sont rôlistes, et ma fille (qui présente le même charmant caractère) joue en GN, et en JDR ne m’a jamais fait part de problèmes de ce style. Je n’ose même pas imaginer qu’un de mes fils se conduise mal, si jamais cela arrivait à mes oreilles…
Alors oui, les filles, si un gros relou vous pourrit une partie, n’hésitez pas à lui faire remarquer gentiment : «  C’est un peu gênant pour moi là, si tu pouvais me lâcher un peu que je profite du jeu ». Il insiste : «  Je ne suis pas responsable de ta longue abstinence, mais si c’est ta méthode de drague , un conseil change de suite, va voir ailleurs là c’est trop ». Et si les autres laissent faire : « Et bien bonsoir messieurs ».
Je vous souhaite plein de parties avec des joueurs sympas et agréables, je conseille un petit investissement de temps dans le self défense, aïkido, karaté, ça peut toujours servir, et ça donne un peu plus de confiance en soi. Et n’oubliez pas d’éduquer les futurs rôlistes lorsque vous serez maman.

Anonyme

Dans un GN de masse du sud de la France (La Faille) je jouais une danseuse/espionne. Une faction de joueurs m’a enlevée. Attendant des négociations avec ma faction sans résultat, j’ai demandé au chef de la faction qui m’avait kidnappée la raison pour laquelle mon perso avait été enlevé. Il m’a répondu : « Parce que t’as une grosse poitrine, et on veut des danses gratuites. » Je suis sortie de mon roleplay et suis partie. Je ne suis même pas allée voir les orgas, tellement je n’en attendais aucune aide. En effet, sur ce GN, était publié chaque matin un petit journal rempli des anecdotes que les joueur-ses apportaient aux orgas. En première page de l’édition du matin, on y trouvait un classement intitulé « Les cuisses de la Faille ». Il s’agissait d’une liste réalisée par des joueurs sur des joueuses qu’ils trouvaient « à leur goût », et classées par « ordre de sexitude ».  Mon perso y figurait parmi d’autres, même pas cité par son nom, juste « La danseuse ». Les orgas et joueur-ses avec qui j’en ai parlé trouvaient ça « trop drôle » !

Psychée

On m’a demandé quelle était la pire anecdote sexiste que j’ai pu subir. La voici : une tentative d’agression sexuelle dans les toilettes d’une petite convention de JdR à Paris pour « me punir de venir ramener ma gueule de pute » – principalement parce que je suis féministe, trans, et créatrice, mais j’avoue, je ne suis même pas sûr de la raison. Le gars a fini la tête enfoncée dans la cuvette des chiottes – pratique pour pas tacher partout avec son nez qui pissait le sang. Mais c’eut été une autre que moi, cela finissait très mal pour la victime. Je veux dire, je suis pratiquante d’arts martiaux et je n’ai aucun scrupule ni crainte à user de violence et un entraînement certain à le faire. Mais toute nana normalement constituée aurait, vu les circonstances, été violée…

Entre le temps de signaler l’agression, m’expliquer sur le ravage de tronche de mon agresseur, etc… sans compter mon état de stress, la convention, je me la suis mise au cul… et le soir même, j’ai préféré la compagnie d’une bonne bouteille et d’une amie… Et bien sûr, vient l’après : comment retourner dans une convention de JDR sans avoir la peur au ventre que cela recommence ?

J’ai évité toutes les conv’ pendant un an… et j’avoue, à chaque fois, je pense au risque et je suis prête à me défendre. Mais, oui, cela veut dire que je n’y vais pas sans la peur et la vigilance chevillée au corps. Même presque 15 ans après.

Anonyme

Il y a 13 ans, j’ai mis les pieds dans mon premier GN. Je n’y ai vécu aucun sexisme. J’ai joué une assassin, je me suis retrouvée Maître Espion en quelques mois et j’ai toujours fait les personnages que je voulais faire : prêtresse, paladin, etc. Mon grand-père m’a appris autant à coudre qu’à réparer des pompes et je n’ai pas été élevée à croire que parce que j’étais une fille, j’avais moins de potentiel. La discrimination, je l’ai vécue à cause de mon poids. Je crois qu’il importe ici de dire que je ne correspond pas physiquement aux critères qui rendent acceptable une quantité de vêtement inversement proportionnelle à l’attention qu’ils attirent. Vous verrez plus tard pourquoi c’est pertinent.

Bref, ce « track record » parfait, ces années d’or de « je fais ce que je veux, c’est génial » s’est gâté quand, 3 ans plus tard, mon chum (aujourd’hui mon mari) m’a initié à un très gros GN. Si gros que, homme ou femme, on peut avoir de la difficulté à s’y trouver une place. C’est à ce moment que j’ai constaté l’existence du phénomène « la blonde à l’autre ». La présence de femmes et filles qui étaient là comme décoration, que l’on sortait des pièces pour les discussions importantes et qui souvent, y étaient pour passer du temps avec leur chum…

Le hic, c’est que je n’étais pas « la blonde à l’autre ». Je voulais avancer, m’impliquer, apprendre, comme dans ce petit GN où j’avais fait mes débuts. Après deux ans à chercher à évoluer avec le groupe duquel mon mari faisait partie, j’ai participé à un événement de cette organisation qui avait une thématique plus « dark », une esthétique que j’ai toujours apprécié. J’ai vu dans ce groupe une opportunité de vivre une immersion dans un monde vraiment différent avec un personnage vraiment différent de moi.

Sauf que j’avais choisi un groupe élitiste. Un groupe dans lequel les hommes et les femmes partageaient le pouvoir à parts égales (c’était jusque dans les règles du groupe) mais dans lequel pour qu’une femme atteigne ce pouvoir, elle devait correspondre à des critères que je ne connaissais pas. J’ai bûché deux ans avant de me rendre compte que la personne qui tenait les rênes trouvait que je n’avais pas « le physique de l’emploi ». Vous imaginez bien ma tête. Le jeu de rôle était le seul endroit où je pouvais être ce que je voulais sans restriction et là, pour la première fois, je comprenais que mon corps allait empêcher mon personnage d’évoluer parce qu’un homme en position de pouvoir trouvait que j’étais trop grosse, que je ne pouvais pas danser pour séduire nos ennemis et les manipuler, que je ne pouvais pas être sexy pour attirer les autres joueurs (majoritairement des hommes) et prendre avantage de mes « atouts féminins ». Parce que les femmes avant moi qui avaient occupé ce poste avaient été de belles femmes minces sachant exploiter leur apparence à l’avantage du groupe.

J’étais profondément dégoûtée. Je n’aurais pas dû avoir à me battre contre de tels stéréotypes mais je l’ai fait. Des années plus tard, mon personnage est exactement ce que je voulais qu’elle soit. J’ai fini par confronter la personne qui disait cela de moi et, alors qu’il s’était retiré du jeu, il a reconnu s’être gravement trompé. Le groupe duquel je fais partie aujourd’hui, c’est le même groupe, dans la même organisation. Mais aujourd’hui, j’ai la position que des filles avant moi ont eu pour plusieurs raisons. Certaines étaient des joueuses aguerries, des négociatrices féroces. D’autres étaient des beautés séduisantes. Mais toutes étaient minces. Ce groupe aujourd’hui ne fait plus aucune discrimination de la sorte et j’en avais fait un objectif avant de me rendre à ce point dans mon jeu. Je sens que je suis aussi crédible que n’importe quel homme ou femme et que je le suis uniquement parce que je me suis illustrée comme joueuse capable et déterminée.

Je ne pense pas que ma situation soit unique. Je ne pense pas que j’ai eu de la chance. Je pense que j’ai « bulldozé » ceux qui ne croyaient pas en moi, je leur ai prouvé qu’ils avaient tort et pouvaient se mettre leurs stéréotypes là où l’épouvantail a le bâton, pour être polie. Mais laissez-moi vous dire qu’avec le temps j’ai compris que si je n’ai pas subi de harcèlement sexuel, de catcalling ou si je ne me suis pas fait cantonner dans des rôles de potiche, c’est peut-être bien parce que je n’avais pas « le physique de l’emploi ». Ça, en bout de ligne, c’est aussi le produit du sexisme que j’ai affronté et que plusieurs femmes, rondes ou pas, affrontent. La crédibilité, pour une femme qui fait du jeu de rôle, ça se « mérite ». Il est pas mal temps que ça change.