Anonyme

[Avertissement : Viol]

Je suis une femme et j’en jouais une. Un personnage (homme) qui avait le défaut « Don Juan » a essayé de violer un personnage (femme jouée par un homme) et m’a ensuite sortie un « la prochaine ce sera toi » en dehors du RP. J’en ai parlé au MJ mais j’ai préféré quitter la table et le club…

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Marie

Je suis une joueuse depuis quelques années déjà mais sans table fixe depuis la rentrée (je suis un peu loin de mes MJ habituels) alors j’ai voulu tenter Roll20… je me rapproche d’un groupe dont le scénario et l’univers me plaisent bien et là je remarque les images de profiles d’un admin : « Femme qui parle = problème ; femme qui suce = solution » …. Bref, je suis pas allée plus loin et j’ai cherché une table IRL !

On est mieux avec des chips qu’avec des misogynes !

Eugénie

La moche

Une petite anecdote sur l’habitude qu’on a tous et toutes de l’image des personnages féminins, que ce soit en ciné, dans les séries, en BD, dans les illustrations… Cette anecdote est arrivée alors qu’on était entre gens de bonne compagnie, des gens bien, dont plusieurs particulièrement attentifs sur des questions de respect ou de féminisme. Mais des fois, ça nous échappe. À tous et toutes.

C’était une création de personnage pour la campagne Les Montagnes Hallucinées, une expédition polaire. Autant dire qu’on avait tous mis nos scores pourris en Charisme, parce qu’on pensait que ça ne servirait pas des masses en Antarctique et qu’on voulait survivre. Mon perso à moi c’était une aviatrice. Enthousiaste, douée (90 en pilotage meuf !), ne demandant qu’à faire ses preuves.

Première session, tout le monde s’est moqué de l’aviatrice en la traitant de moche. Tout le monde, c’est-à-dire moi y compris. C’était la moche, et je jouais la moche, et c’était drôle. Mais au bout d’un moment, ça a viré au malaise pour moi, sans que je sache trop l’exprimer sans péter l’ambiance, ou même dire pourquoi.

La raison m’est apparue après : pendant toute la session on a beaucoup ri aux dépens du physique de mon PJ, mais on ne passait ni à autre chose ni à un autre perso alors que je tendais des perches pour essayer de dévier les moqueries sur d’autres. Or, les six personnages-joueurs avaient le même niveau très bas en Charisme, ils étaient eux aussi très moches.

Mais j’étais la seule fille à la table, et c’était la seule femme dans le groupe de PJ.

Et elle était pas belle.

Anonyme

Laissez-moi vous conter mon histoire, les enfants. Ou plutôt une histoire parmi tant d’autres, j’ai tellement vécu le sexisme dans la communauté rôliste que je pourrai en rédiger des annales. Ha ? J’entends des Gralistes rire dans la salle à la vue du mot « annales » ? Quoi, vous ne connaissez pas le Graliste ? Un concept qui doit vous échapper si vous avez plus d’une bourse à votre disposition, et que les autres ne vous servent pas à ranger vos dés.
Le Graliste, c’est comme ça que j’appelle les joueurs rôlistes se permettant toutes les blagues et comportements gras (d’où le préfixe de Gra- dans Graliste, hein, mais bon tu l’auras deviné) à ton encontre parce que tu as des boobs.
Aujourd’hui, on va parler d’un de mes premiers Gralistes. Je devais avoir 22 ans, quelque chose comme ça. Et à l’époque, je jouais dans une petite salle de jeu de rôle, dans une petite association perdue en pleine campagne, qui possédait aussi de très petites tables autour de laquelle nous nous réunissions. Ça fait beaucoup de choses petites, tu vas me dire. Il y avait aussi le cerveau d’un joueur.
Donc ce joueur s’était placé à côté de moi. Très près de moi. Tu vois, en général, il y a une certaine zone de proximité qu’on respecte tacitement. Lui ne semblait pas avoir connaissance de cette notion. Il était carrément collé à moi. Je me sentais plus envahie que la Pologne, en 1939.
Bref, très vite, il a profité d’être collé à moi pour me faire des attouchements. Au début, il a commencé par frotter sa jambe contre la mienne. Je me décalais petit à petit, mais il se rapprochait toujours. Il a fini par se montrer très tactile, genre poser sa main sur ma cuisse, et même a cherché à remonter plus haut, ou me caresser le bras. J’étais tétanisée, aucun mot n’arrivait à sortir de ma bouche, je ne savais pas quoi dire et personne à la table ne semblait remarquer mon malaise. Je me décalais, toujours plus loin, jusqu’à finir coller à mon MJ, au final.
J’en ai parlé autour de moi, plus tard, et finalement le bureau de mon association a fini par le contacter pour lui demander de cesser ce comportement. Le type m’a suivie pendant que j’allais à la fac pour me gueuler dessus comme quoi j’étais une menteuse et que s’il ne m’avait pas plu, j’aurais pas laissé faire.
Ben, tiens.

Anonyme

Je suis moi-même une (jeune) femme, joueuse récente dans le JdR (moins d’un an) et je joue actuellement avec des amis via roll20 (qui sont tout aussi débutant que moi). A ce moment, je suis la seule MJ pour jouer à Pathfinder.
Avec eux, tout se passe bien. On s’amuse, mes joueurs parfois aiment me taquiner mais je ne pense pas que ce soit parce que je suis une fille. Cependant, j’avoue quand même que j’ai beaucoup de remarques (salaces) à chaque fois qu’une PNJ entre en jeu, ce qui est assez désagréable à la longue. Mais globalement, tout se passe très bien.

Cependant, lorsque j’ai commencé à maîtriser, nous jouions avec un autre ami (qui lui, joue depuis longtemps au JdR). Là encore, je faisais la MJ (pour la toute première fois). Mais cet ami était du genre à faire n’importe quoi, ne jamais m’écouter, dessiner sur la carte (que j’avais mis longtemps à faire et qu’il m’obligeait à refaire étant donné qu’il dessinait sur mes traits et que assez souvent ça buggait et ça effaçait aussi la carte que j’avais faite). Un jour, les autres joueurs, ainsi que moi, avons décidé de lui dire très clairement que c’était chiant (étant donné qu’il ne comprenait pas quand on lui disait gentiment).
Il m’a répondu que lorsque je m’énervais ou que j’essayais d’être sérieuse ou des choses comme ça, il ne pouvait pas me prendre au sérieux. Parce que je n’ai pas une voix grave etc. etc.

Encore avant, alors que c’était lui le MJ, il a voulu m’interdire de jouer une PJ (femme donc) parce que c’était un univers de mec dans lequel nous allions jouer (Cthulhu), il m’a sorti des arguments historique que je lui ai prouvé être faux mais il n’a pas voulu l’admettre. Au final, j’ai dû être obligée de faire une jeune femme de famille riche, qui utilise ses charmes pour arriver à ses fins et qui est soit disant « rebelle »…

Ces deux expériences ont été assez désagréables. Nos liens sont désormais tendus mais j’ai de la chance d’avoir pu continuer de jouer avec mes autres amis qui, eux, s’en fichent que je sois une fille ou non. Ils me parlent comme avec un mec et me ne me traitent pas différemment. Mais j’ai déjà vu sur des forums des postes tel que « Est-ce que ce JdR convient aux femmes et aux enfants ? » et je trouve ça à chaque fois très désagréable et dégradant (femme ≠ enfant).

Caroline

[Avertissement : Viol]

Au cours d’une partie de JdR, je suis la seule fille autour de la table. Je joue un personnage féminin, ce que j’ai toujours fait.
Un PJ lance les dés pour savoir si son personnage réussit à violer le mien. Le MJ le laisse faire. J’ai quitté la table de jeu. Tout le monde a ri : « C’est bon, c’était de l’humour ! »

Au cours d’un GN, un joueur me plaque contre un arbre et simule un acte de viol. Je n’ai rien pu faire. Je suis restée sans voix. Le joueur s’est excusé à la fin du GN. Je me suis sentie mal longtemps.

Quand je maîtrise un JdR sur table :
« C’est cool de voir une fille qui maîtrise aussi bien ! »

Appel à témoignages !

Amies rôlistes, la parole est à nous !

Moments gênants, remarques déplacées, sexisme ordinaire, répétitions de petites choses qui font tiquer ou expériences carrément limites…  Mais aussi instants de réflexion, moments de fierté, bonnes surprises ! Si vous avez des témoignages à nous faire remonter nous serons heureuses de les publier.

Adressez vos témoignages, signés ou anonymes, à etpourtantellesjouent@gmail.com ou @ellesjouent sur Twitter !