Melina

J’ai 13 ans quand j’essaie mon premier GN. Un typique médiéval-fantastique, qui se veut être un GN « éducationnel » pour éduquer les joueurs de demain. Je dis joueurs car, sur les 80 participants, il n’y avait que cinq ou six femmes. Je me rappelle qu’on m’a donné un rôle de soutien, une guérisseuse pour ces valeureux guerriers… On m’a dit que c’était plus facile. Des années plus tard (12 ans), je réalise que mon expérience dans le milieu du GN aurait pu être complètement différente sur quelqu’un m’avait dit : « Sois ce que tu veux être ! Une guerrière, une diplomate, une alchimiste ! Vas-y ! ».
Ce n’est que des années plus tard, vers 20 ans, qu’un organisateur me donne un rôle qui me valorise. Il a vu du potentiel où je n’en voyais pas. Mais les joueurs n’aiment pas les femmes qui jouent des rôles de pouvoir. Là où on aurait écouté un dirigeant, on n’écoutait pas son équivalent féminin. Et puis… j’étais toujours mise dans des situations de mariage et « d’accouplement ».
Des histoires de harcèlement dans ce milieu, je n’ai pas assez de doigts pour les compter. Organisateur qui me demande de coucher avec lui, en me promettant plus de points d’expérience. Joueur qui m’embrasse de force tandis que j’essaie de le repousser. Me faire traiter de pute par un mec, frustré que je le refuse parce que je suis en couple. Et une panoplie d’autres contes glauques…
Et pourtant, je joue encore. Mais maintenant, je me défends mieux, et j’essaie d’aider celles qui se retrouvent dans ce genre de situations.

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