Virginie

– Vers la fin des années 90, j’étais une jeune rôliste débutante qui avait heureusement déjà fait du JdR et qui n’a donc pas pris la situation suivante comme une généralité. Avec quelques amis rôlistes débutants (dont une autre fille), nous avions fait la connaissance d’un garçon plus âgé et qui se disait « rôliste expérimenté ». Nous convenons d’une partie de ADD2 qu’il maîtriserait. Au moment de la création de perso, mon amie et moi voulions créer des personnages masculins. Il nous l’a refusé en nous disant texto « bah non, t’es une fille, tu joue une fille quoi ! ». Mon amie, voulant faire un guerrier demande alors à créer une guerrière : « Bah non, les filles ça peut être pas être des guerrières, tu peux faire magicienne ou druide si tu veux ». No comment…

– Je suis assez active dans les discussions sur le JdR et m’intéresse à pas mal de choses, notamment au niveau théorique. Que ça soit dans la vraie vie ou sur internet, on me reproche souvent de ne rien y connaître lorsque j’interviens dans une discussion. On m’a déjà dénigrée dans mes propos car j’avais eu le malheur de mentionner pratiquer le JdR avec mon conjoint (ce qui me range directement dans la case « copine de rôliste = fausse rôliste », voir le concept de « fake geek girl »). Il me faut parfois sortir mon « CV rôliste » pour affirmer ma crédibilité, et c’est assez usant (surtout quand le reproche vient d’hommes beaucoup moins expérimentés que moi).

Par exemple, lors d’une discussion à propos du milieu de l’édition de JdR avec quelqu’un n’y ayant jamais bossé, bien qu’ayant mentionné ma collaboration avec un éditeur, j’ai dû prendre sur l’étagère un ouvrage et lui montrer mon nom dans la liste des crédits pour qu’ils reconnaisse que j’étais légitime pour donner un avis sur le sujet.

Ou alors, on m’a aussi dit que mon avis sur un système n’avait pas de sens puisque de toutes façons « les filles ne s’intéressent pas aux règles, elles ne sont là que pour le roleplay ».

– Et bien sûr, la situation classique en convention/club/boutique où l’on vient d’office expliquer ce qu’est le JdR à la fille du groupe… Une anecdote plus précise : il y a dans ma ville une boutique que je ne fréquente habituellement pas. Un été très chaud, je déboule dans cette boutique en petite robe à fleur : première effet, tout le monde s’arrête de parler et se retourne. Je rentre dans la boutique, où tout le monde chuchote en me jetant des regards à la dérobée, et me dirige vers le rayon « Import JdR ». Je remarque du coin de l’œil les deux vendeurs qui semblent se mettre d’accord sur lequel des deux va m’aborder. L’un d’eux finalement s’avance, me demande si je veux de l’aide. J’ai à peine le temps de répondre oui, et pas le temps de préciser ma demande qu’il se lance sur une tirade m’expliquant ce qu’est le JdR. Quand j’ai réussi à le couper pour lui demander s’ils travaillent avec l’importateur des jeux Margaret Weis Productions car je recherche Serenity RPG, il a ouvert de grand yeux ronds… Avant de me dire qu’il ne comprenait pas de quoi je parlais car il ne s’y connaissait pas très bien. Ils ont fini par me trouver le bouquin, et à la caisse, m’ont demandé si c’était pour offrir…

Et j’ai des tas d’autres anecdotes de ce genre, malheureusement…

Heureusement on peut toujours trouver des groupes de joueurs sympas et ouverts, et j’espère que de plus en plus de rôlistes seront accueillant et respectueux envers tous les joueurs et joueuses !

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