Anonyme

Laissez-moi vous conter mon histoire, les enfants. Ou plutôt une histoire parmi tant d’autres, j’ai tellement vécu le sexisme dans la communauté rôliste que je pourrai en rédiger des annales. Ha ? J’entends des Gralistes rire dans la salle à la vue du mot « annales » ? Quoi, vous ne connaissez pas le Graliste ? Un concept qui doit vous échapper si vous avez plus d’une bourse à votre disposition, et que les autres ne vous servent pas à ranger vos dés.
Le Graliste, c’est comme ça que j’appelle les joueurs rôlistes se permettant toutes les blagues et comportements gras (d’où le préfixe de Gra- dans Graliste, hein, mais bon tu l’auras deviné) à ton encontre parce que tu as des boobs.
Aujourd’hui, on va parler d’un de mes premiers Gralistes. Je devais avoir 22 ans, quelque chose comme ça. Et à l’époque, je jouais dans une petite salle de jeu de rôle, dans une petite association perdue en pleine campagne, qui possédait aussi de très petites tables autour de laquelle nous nous réunissions. Ça fait beaucoup de choses petites, tu vas me dire. Il y avait aussi le cerveau d’un joueur.
Donc ce joueur s’était placé à côté de moi. Très près de moi. Tu vois, en général, il y a une certaine zone de proximité qu’on respecte tacitement. Lui ne semblait pas avoir connaissance de cette notion. Il était carrément collé à moi. Je me sentais plus envahie que la Pologne, en 1939.
Bref, très vite, il a profité d’être collé à moi pour me faire des attouchements. Au début, il a commencé par frotter sa jambe contre la mienne. Je me décalais petit à petit, mais il se rapprochait toujours. Il a fini par se montrer très tactile, genre poser sa main sur ma cuisse, et même a cherché à remonter plus haut, ou me caresser le bras. J’étais tétanisée, aucun mot n’arrivait à sortir de ma bouche, je ne savais pas quoi dire et personne à la table ne semblait remarquer mon malaise. Je me décalais, toujours plus loin, jusqu’à finir coller à mon MJ, au final.
J’en ai parlé autour de moi, plus tard, et finalement le bureau de mon association a fini par le contacter pour lui demander de cesser ce comportement. Le type m’a suivie pendant que j’allais à la fac pour me gueuler dessus comme quoi j’étais une menteuse et que s’il ne m’avait pas plu, j’aurais pas laissé faire.
Ben, tiens.

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